La démarche

A l’origine de notre démarche, nos 6 exploitations ont cherché à répondre à 2 objectifs :

  • réduire les nuisances olfactives, dues au stockage et à l’épandage des effluents bruts (fumiers et lisiers)
  • diversifier et sécuriser nos revenus fragilisés par une conjoncture agricole difficile, afin de pérenniser nos activités de productions animales

Or pour créer une filière collective de valorisation des effluents d’élevage, nous devons maîtriser les paramètres techniques, environnementaux et économiques dont nous présentons les aspects principaux dans cette page.

Nous avons en effet souhaité apporter aux visiteurs de ce site internet l’information la plus transparente sur notre projet.

La méthanisation: un phénomène naturel

La méthanisation est une digestion biologique de matières organiques qui produit du biogaz (énergie) et un digestat (matière résiduelle de la digestion, amendement naturel organique pour l’agriculture).

C’est un processus naturel qui, sous l’effet de micro-organismes et en l’absence d’oxygène, digèrent la matière organique. La méthanisation se produit naturellement dans certains milieux, par exemple au sein des marais. Elle peut aussi être mise en œuvre par l’homme, dans une enceinte hermétique appelée « digesteur », avec des matières organiques issues des sous-produits de nos activités.

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Des matières valorisées localement

Dans notre approche nous avons privilégié l’objectif principal de valoriser les effluents de nos élevages et des sous-produits de nos exploitations.

L’activité de production alimentaire en Bresse Bourguignonne génère des sous-produits :

  • effluents d’élevages (bovins, porcins, volailles)
  • cultures intermédiaires (non destinées à l’alimentation)
  • résidus de céréales (non consommables)
  • résidus végétaux agro-alimentaires

Près de 22 000 tonnes de ces matières pourront être valorisées par AgriMéthaBresse dont 80% issues de nos fermes. Notre démarche administrative ne nous autorisera qu’à recevoir des matières d’origines végétales.

10% sont issus des industries agro-alimentaires régionales (matières stercoraires, eaux grasses, etc…).

A la marge, des réflexions en cours portent sur l’incorporation de tontes issues des collectivités et professionnels.

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AgriMéthaBresse contribuera à la valorisation locale des matières organiques sous-valorisées ou valorisées à grande distance.

Une énergie 100% renouvelable

Le biogaz, produit par la méthanisation, contient du méthane (CH4), du dioxyde de carbone (CO2) et des impuretés. Après épuration du biogaz, le méthane obtenu a les mêmes propriétés que le gaz naturel ou gaz de ville, on l’appelle alors « biométhane », et il peut être injecté dans le réseau de distribution local.

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Le biométhane que produira AgriMéthaBresse sera injecté dans la canalisation de distribution de GRDF (opérateur du réseau appartenant aux communes). Il sera vendu à un fournisseur de gaz agréé et pourra être commercialisé par celui-ci.

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AgriMéthaBresse produira 90 à 110 m3 de biométhane par heure, en continu toute l’année. Cette production correspond à la consommation annuelle de l’équivalent de 700 foyers ou 2000 habitants. A noter : le potentiel de production de biométhane est limité par la capacité d’injection sur le réseau.

Nous contribuerons à réduire les émissions de gaz à effet de serre du territoire de 2 000 teq CO2 /an.

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Un amendement organique et naturel

Le « digestat » (produit de la digestion des matières), a les propriétés d’un amendement organique. Il sera utilisé par nos exploitations agricoles pour fertiliser les cultures.

Le digestat est un produit « stabilisé », c’est à dire qu’il ne peut plus fermenter. Il est de fait beaucoup moins odorant que des fumiers ou lisiers à l’état brut qui sont actuellement épandus sur les terres agricoles.

En recourant à cet engrais organique, nous réduiront d’autant l’usage d’engrais chimiques. Le digestat fera l’objet d’une séparation de phases : la partie solide et la partie liquide seront stockées sur place et dans nos exploitations, de manière à optimiser les flux (un voyage matières organiques à l’aller et un voyage digestat en retour).

AgriMéthaBresse produira près de 19 000 tonnes d’engrais organique par an sous forme liquide et solide. Cet engrais suit un plan d’épandage établi par la Chambre d’Agriculture pour respecter l’équilibre des sols en éléments fertilisants.

L’engrais organique remplacera des engrais de synthèse sur 1 200 ha de nos cultures sur 11 communes.

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Une approche agronomique vertueuse

La période hivernale étant moins propice à l’utilisation des minéraux par les plantes, nous avons fait le choix de ne pas réaliser d’épandage entre novembre et février. Notre démarche s’inscrit dans une approche agronomique globale de couverture des sols en hiver pour éviter la percolation des éléments minéraux. Ceci contribuera à atteindre notre objectif d’indépendance maximale de nos exploitations vis à vis des importations de minéraux chimiques.

Le choix de la mutualisation

Nous avons étudié la meilleure manière de mutualiser nos efforts. Compte tenu de la localisation de nos 6 exploitations,  géographiquement concentrées sur le territoire dans un rayon de 3 km, l’idée de créer un site unique pour valoriser nos effluents d’élevages apporte de nombreux avantages.

La mutualisation de l’investissement permet de réaliser des économies d’échelles et de ce fait limite l’investissement de chaque exploitation tout en partageant les risques.

 

Un site unique minimise le recours aux subventions publiques (nécessaires à l’équilibre économique de la filière de valorisation des effluents).

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Le site collectif permet aussi de mettre en commun un personnel dédié et qualifié (2 emplois à temps plein seront créés : 1 poste de direction et 1 poste d’opérateur), évitant ainsi une surcharge de main d’oeuvre pour nos exploitations. Le personnel sera d’ailleurs formé spécifiquement et soumis à des astreintes pour la surveillance du fonctionnement en continu de l’unité.

Les vertus de la mutualisation sont également mises en avant dans la création de notre Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental (GIEE). Il permet une reconnaissance officielle par l’Etat de notre engagement collectif en tant qu’agriculteurs dans la modification ou la consolidation de nos pratiques en visant une performance économique, environnementale et sociale. Les GIEE constituent en effet l’un des outils structurants du projet agro-écologique de notre pays.

Lieu d’implantation

Surface disponible, règle d’urbanisme, proximité de la canalisation de gaz, accès routier sont autant de critères que notre bureau d’études a analysés (plusieurs options à Thurey, Devrouze, Simard et Saint-Germain-du-Bois).

Afin de réduire la proximité avec le voisinage nous avons cherché un site à plus de 200 mètres de toute habitation de tiers (la réglementation impose 50 mètres). Tous ces critères nous ont amenés à retenir une parcelle à Simard au lieu-dit « Le Petit Cerisier ». Nous avons analysé le bâti existant. Le coût de réhabilitation ne permet pas d’envisager l’utilisation de l’ancienne habitation qui doit être démontée.

Nous avons travaillé avec un architecte pour l’insertion paysagère de l’unité. Ci-dessous, vous trouverez 3 photomontages de l’implantation de l’unité évoluant au fil du temps.

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Cliquez sur les puces en-dessous du photomontage pour découvrir l’évolution de l’unité à l’inauguration, après 1 an, puis après 5 ans.

Le trafic routier

Une grande partie des matières que nous allons transporter avec AgriMéthaBresse sont des fumiers et lisiers dont nous assurons déjà la logistique actuellement. Ce sont les distances qui vont quelque peu augmenter ; le transport de nouvelles matières viendra s’ajouter au trafic actuel de tracteurs (+ 10 à 20 %). Nous estimons ainsi générer moins de 11 travers par jour-ouvré depuis nos exploitations vers le site choisi et inversement. Ces échanges remplaceront certains transports actuels de fumiers et lisiers.

Situé près du croisement de la RD 996 avec la RD 24, le site du « Petit Cerisier » est à une moyenne de 2,3 km de nos exploitations agricoles qui apportent la majorité et récupèrent la totalité des matières.

Une démarche en concertation

La  création  d’une unité de méthanisation est une action innovante, encore peu répandue sur notre territoire et de ce fait mal connue des citoyens. Il est nécessaire d’informer, d’expliquer ce projet à l’ensemble des habitants concerné  afin  de rassurer chacun sur la prise en compte du maintien de la qualité de vie dans nos communes rurales.

Notre démarche de concertation se développe en trois étapes :

– informer les habitants du projet et expliquer les principes de fonctionnement de la méthanisation

– organiser un déplacement sur un site en activité pour toutes les personnes intéressées

– constituer un groupe de concertation entre les personnes volontaires et les exploitants pour suivre le projet. Des réunions peuvent avoir lieu pendant les phases d’étude, de planification, voire de construction et aussi à intervalles réguliers après la mise en activité.

La réglementation applicable

En tant qu’activité de gestion de matières organiques, de production d’énergie, et de valorisation d’amendement organique, notre installation fera l’objet :

– d’un permis de construire

– d’un dossier ICPE « enregistrement » pour la méthanisation après instruction des services de l’Etat et une consultation du public de quatre semaines

– d’un plan d’épandage et d’un agrément sanitaire pour les épandages de digestats

Ces dossiers, une fois l’arrêté d’enregistrement délivré par le préfet, feront l’objet de contrôles et procédures de suivi réguliers par les services de l’Etat.

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Les grandes étapes de notre démarche

PlanningAMB